*Patrouilles ursines..*

Les patrouilles de protection des ours provoquent la polémique

Publié le 3 octobre 2011                       repeclair
 


Des équipes patrouilleraient volontairement dans la montagne. © pp
 

Simples « patrouilles » de protection des ours arpentant la montagne pour les uns, « milices » au service de « l'écoterrorisme » pour les autres, la mise en place par les pro-ours d'équipes de volontaires pour la prévention d'actes nuisibles met le feu aux poudres dans les Pyrénées centrales.

Les pro-ours, représentés par des associations comme Ferus ou le Pays de l'Ours-Adet, ont annoncé dans un communiqué qu'ils « patrouilleraient volontairement dans la montagne pour contribuer à prévenir un empoisonnement ou des dérangements et harcèlements » des ours. Cette décision suit une autre polémique lancée par les écologistes. Les défenseurs de l'ours des Pyrénées avaient écrit récemment à la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet pour tirer la sonnette d'alarme devant le risque, selon eux, que les opposants à l'animal ne prennent leur fusil pour se débarrasser de lui, malgré son statut d'espèce protégée.

« Quand l'écoterrorisme vise les habitants des Pyrénées », répondent dans leur propre communiqué les anti-ours de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées (Addip), qui dénoncent « l'inquiétude paranoïaque des miliciens patrouilleurs ».

Les patrouilleurs « contre le braconnage des ours », qui n'auront pas d'armes à feu, seront supposés « remonter tout signe suspect ou autre » aux coordinateurs des opérations « appelées 'vigie' », précisent les pro-ours. Ils « observeront les allées et venues des hommes dans les zones supposées être fréquentées par les ours », et décideront s'ils sont suspects ou « de simples randonneurs », ajoutent-ils.

Les anti-ours estiment que « le fonctionnement de telles milices est totalement attentatoire aux droits de l'Homme ».

L'Addip demande donc dans son communiqué « à l'Etat français ce qu'il compte faire pour empêcher la mise en place de cette milice », et a décidé de « soumettre le problème à la Cour européenne des droits de l'Homme », face à cette « dictature verte d'une poignée d'associations ».

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===> Attaque en Aspe : le Parc fait le point

Concernant les derniers constats sur d'éventuels dégâts dus à l'ours réalisés à Etsaut (nos éditions des 23 et 24 septembre), il faut différencier les événements affirment les responsables du Parc national.

« Dans un premier temps, sur le Soum d'Ypy (1 600 m d'altitude) faisant partie de l'estive de Yèse, 3 dommages ont été causés par l'ours entre le 15 et le 20 septembre totalisant 4 brebis. Aucun lien ne peut être établi entre cette présence ursine et le dérochement des 81 brebis survenu entre le 17 et 18 septembre sur le secteur du Moundaut (2 450 m d'altitude) situé à environ 4km à vol d'oiseau du Soum d'Ypy. Parmi les victimes, 46 brebis sont mortes et 35 étaient blessées au moment du constat. Aucune des brebis expertisées ne présente de trace de prédation. Aucun indice de présence de prédateur n'a été découvert en amont du dérochement, ni même de cadavre de brebis. Les prospections effectuées dans le secteur du Sesques, côté Aspe et Ossau, ne révèlent aucune trace d'ours dans ce secteur », affirme le Parc dans un communiqué.

Par ailleurs, la commission d'Indemnisation des Dégâts d'Ours du Parc national des Pyrénées se réunira en octobre, à une date non encore arrêtée, pour statuer sur les dossiers indéterminés. Pour l'année 2011, le Parc national des Pyrénées a effectué 29 constats de dégâts d'ours dont 16 en Pyrénées-Atlantiques : 10 imputables à l'ours : 16 ovins et 1 ovin blessé et 2 ruches, et 6 indéterminés : 2 équins, 51 ovins morts et 35 ovins blessés.